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MISER SUR LE CAPITAL HUMAIN – JUGER LE CRIME FINANCIER


Les conséquences sur les droits de l’homme de la crise financière et économique qui secoue le monde depuis l’année 2008 ont provoquées des réactions intéressantes de part et d’autre des lieux de pensée et d’action pour qui les valeurs humaines doivent primer sur les valeurs d’argent.

C’est dans ce cadre qu’en 2009, sur l’initiative d’un groupe de 30 pays,  le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies a provoqué une assemblée générale extraordinaire et adopté une résolution rappelant les principes cardinaux des conditions nécessaires pour que tout homme ait la possibilité d’exercer et de bénéficier pleinement de l’ensemble de ses droits fondamentaux, à savoir : un niveau de vie suffisant. On retrouve les principes essentiels que sont l’universalité et l’indivisibilité des droits de l’homme.

Cette année, la question de la réalisation universelle et de l’effectivité des droits de l’homme est abordée par un groupe de penseurs indépendants, rassemblés sous le nom de CAPEC (Crises, Analyses, Expérimentations et Propositions), fondation dont l’ambition est de repenser la société au regard des droits de l’homme et de publier, chaque année, un essai sur un point particulier.

Le thème de l’année 2010 est l’échec du système actuel économique et financier mondial et sa réforme, à travers des propositions de solutions qui ne sont ni simples, ni manichéennes. Il s’agit d’une ambition plus vaste, celle des défenseurs des droits de l’homme : replacer la valeur homme au centre des mécanismes et des systèmes, cesser de l’instrumentaliser, en faire de nouveau le but, non un moyen.

Comme toute liberté, celle de travailler et d’entreprendre libère l’homme en lui donnant les moyens de ses ambitions et de sa dignité, sauf là où son exercice le conduit à nier, précisément, la dignité d’autrui, voire la sienne propre. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.

La résolution du Comité des Droits de l’Homme du mois de février 2009 et l’ouvrage paru « La crise financière : stop ou encore ? », rappellent l’évidence trop longtemps et bien souvent oubliée : l’argent et le profit doivent être au service de la liberté de l’homme, non l’inverse.

Laurent HINCKER, dans sa contribution à l’ouvrage du CAPEC, plaide pour la création d’un Tribunal Pénal International de la Finance, à l’image d’autres tribunaux internationaux créés par la société internationale pour poursuivre et punir des crimes jugés intolérables, sur la base du droit des gens. Ce faisant, Laurent HINCKER jette un pavé dans la mare : le gain au détriment de la dignité humaine est un crime, dont les responsables doivent répondre. C’est à ce prix que la confiance dans les élites financières, bancaires et politiques pourra être restaurée.

A lire pages 93 à 96 et 109 à 112 : www.fondscapec.eu